Publié le 10 janvier 2022

En janvier, l'illustratrice Oréli Paskal est en résidence à la maison Folie Moulins ! Avec ses chaussures de rando aux pieds, elle part se balader dans le quartier à la recherche de ce qu'il reste de sauvage en ville. Conversation avec cette artiste adepte de la collecte de récits.

Comment décrirais-tu ton univers, tes inspirations ?

Illustratrice indépendante depuis 2007, mon travail explore la narration illustrée sous diverses formes : livres d’artistes, carnets de voyage, documentaires illustrés, collages urbains, théâtres et sculptures de papiers… Le fauvisme, la figuration libre, les arts singuliers sont les courants artistiques qui m’ont façonnée. Expressionnistes et colorés, mes dessins et mes récits se nourrissent de strates, de matières, de glanages, de rencontres et d’itinérance... 

 

De quelle envie est né ce nouveau projet ? Ton terrain va être le quartier de Moulins, où tu résides : peux-tu nous en dire plus ?

J’essaie d’emprunter des routes non balisées, d’aller chercher la beauté là où elle n’a pas été proclamée ou entretenue… C’est souvent l’ailleurs, même s’il est ordinaire, qui déclenche ma curiosité, mon envie de raconter. Cette fois, il s’agit de me mettre en route dans ma ville, dans mon quartier, dans les pas de mon quotidien, d’y retrouver l’excitation de la découverte et de l’inattendu, malgré le désenchantement de l’habitude ! Quel est ce désenchantement d’ailleurs ? Ma ville s’artificialise, tout semble domestiqué, contrôlé, étriqué. Reste-t-il des zones non convenues, des espaces où l’errance est possible, des gens qui se déjouent de l’étau qui se resserre… Qu’en pensent les habitants ?

Au gré de mes déambulations dessinées, j’ai envie de suivre avec eux la piste des friches et des lâcher-prises, des espoirs, des libertés et des joies… De nous questionner sur ce qu’il nous reste du « sauvage ».

Oréli Paskal

Comment vas-tu procéder pour récolter de la matière ? 

Je me promène, je pousse les portes que je croise, je rentre dans les commerces, dans les associations, vais faire un tour au marché, m’installe sur un plot, squatte le lavomatique, accepte les invitations à boire un thé… Je dessine, et attrape au vol les phrases qui ouvrent des portes de l’imaginaire, de l’inattendu… J’essaie de restituer le bruit du quartier, le bouillon de la ville, dans ce qu’il a d’impulsif, de fabuleux, de modeste, d’essentiel… en cueillant les instantanés, les pensées sauvages que je rencontre. 

 

Sous quelle forme pourra-t-on découvrir ton projet ?

Avec cette matière, je projette de réaliser un carnet de route, qui sera sans doute édité en une petite série. Aussi, de coller sur les murs du quartier des extraits de cette enquête illustrée. Des dessins associés à des paroles, reproduits en grands formats, seront disséminés le long d’un parcours entre l’Atelier-galerie bleu et la maison Folie Moulins. Les reproductions collées rassembleront à la fois mes réalisations, et celles créées en atelier avec les habitants pendant ma résidence sur le quartier. Les dessins originaux pourront être exposés à la maison Folie Moulins lors d’un week-end de restitution (dates à venir !).

 

Bien entendu, on vous donnera des nouvelles des explorations moulinoises d'Oréli Paskal. D'ici là, promenez-vous sur les réseaux de l'artiste pour suivre ses actus : page Facebook / compte Instagram.